Créer son entreprise pendant le chômage est non seulement possible, mais souvent encouragé : un dispositif public spécifique (ACRE), la possibilité de transformer ses droits chômage en capital (ARCE), un accompagnement dédié (NACRE), et le cumul possible des allocations avec les premiers revenus de l'activité font du statut de demandeur d'emploi un tremplin pertinent. Cette catégorie réunit nos guides pratiques pour franchir le pas avec un filet de sécurité.

L'ACRE : exonération de charges sociales

L'aide à la création ou à la reprise d'une entreprise exonère partiellement le créateur des cotisations sociales pendant les douze premiers mois d'activité. Pour un micro-entrepreneur, le taux de cotisation est divisé par deux la première année. L'ACRE est attribuée automatiquement pour les micro-entrepreneurs éligibles, sur dossier pour les autres formes juridiques.

Conditions d'éligibilité

Être demandeur d'emploi indemnisé ou non, bénéficiaire du RSA ou de l'ASS, jeune de moins de 26 ans, salarié repreneur de son entreprise, ou créateur dans un quartier prioritaire de la politique de la ville. La demande doit être faite dans les 45 jours suivant la création.

ARCE : capitaliser ses allocations

L'aide à la reprise et à la création d'entreprise transforme jusqu'à 60 % du reliquat de l'allocation chômage en capital, versé en deux fois : à la création puis six mois plus tard. Cette option est idéale lorsqu'un investissement initial conséquent est nécessaire (matériel, stock, local). Le choix ARCE est exclusif du maintien des allocations mensuelles — il faut donc bien évaluer le projet avant de basculer.

Maintien de l'ARE et création d'entreprise

L'alternative à l'ARCE consiste à conserver le versement mensuel de l'ARE, partiellement déduit en fonction des revenus déclarés par l'entreprise. Cette option est plus prudente pour les projets dont la rentabilité est incertaine la première année. Le calcul est complexe et dépend du statut juridique : nous le décortiquons cas par cas.

NACRE et accompagnement personnalisé

Le nouvel accompagnement à la création et à la reprise d'entreprise (NACRE) propose un suivi de trois ans avec un opérateur conventionné par la région. Il inclut une aide au montage du projet, un prêt à taux zéro de 1 000 à 8 000 euros (à compléter par un prêt bancaire) et un accompagnement post-création.

Statut juridique : choisir le bon véhicule

Micro-entreprise, EI, EURL, SASU, SAS, SARL : chaque statut a ses avantages et ses contraintes en termes de fiscalité, de protection sociale et de coûts de gestion. Le micro-entrepreneur reste le statut le plus simple pour tester un projet, mais il plafonne le chiffre d'affaires (188 700 € pour la vente, 77 700 € pour les prestations de services en 2026). Nos articles comparent les statuts en chiffres.

Financement : Bpifrance et prêts d'honneur

Au-delà du NACRE, plusieurs réseaux d'accompagnement (Initiative France, Réseau Entreprendre, ADIE) accordent des prêts d'honneur sans intérêt et sans garantie. Bpifrance complète l'écosystème avec des garanties de prêts bancaires et des dispositifs ciblés (création par les femmes, transition écologique, innovation).

Sources : France Travail, Urssaf, Bpifrance, code de la sécurité sociale.

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